Comme nous l’avons communiqué en avant-première à nos adhérents,  le CGA change exceptionnellement son règlement pour adapter la notion de «Made in France » aux particularités du monde de la bière.  Alors que certains tentent de récupérer ce résultat pendant que d’autres ont travaillé à sa mise en place, voici en quelques lignes les grandes étapes de notre première victoire.

Suite à de nombreux échanges avec le CGA (consécutifs à la publication d’une certaine affiche), nous avons fait entendre notre voix auprès de l’institution qui a rouvert la discussion sur la possibilité de changer le règlement sur le point de l’origine des matières premières, bien que cela n’était à priori plus possible depuis juin.

Petit retour en arrière pour éclairer votre lanterne…

– le ministère de l’agriculture fait évoluer le règlement sur l’origine des matières premières, en demandant à ce que 100 % de l’orge du malt soit cultivé en France.
– notre syndicat proteste sur ce fait (et sur la multiplication des catégories de bières aromatisées) et obtient, en dernière minute, du CGA une modification du règlement sur l’origine des matières premières.

Nous insistons sur plusieurs points :
Le décret bière ouvre la possibilité d’utiliser jusqu’à 50% de matières amylacées autres que le malt (maïs, riz, sirop de glucose utilisation qui ne concerne qu’un nombre minime d’artisans) qui doivent elles aussi être soumises à cette exigence, nous proposons donc d’étendre la traçabilité à l’ensemble des matières amylacées utilisables. Limiter la traçabilité au malt pénalisait d’emblée la profession d’artisan.
Les brasseurs utilisant du malt bio sont obligés, pour le moment, de recourir à des malteries non Françaises pour leurs malts spéciaux, nous demandons donc que l’obligation  porte sur le malt de base (qui représente minimum 60% du versement, d’où le seuil de 60% proposé par notre syndicat) et sur les matières amylacées.

– décision du ministère de l’agriculture et du CGA : nos propositions sont prises en compte et intégrées au nouveau règlement, vous en avez certainement été informé via la mailing liste du CGA le mercredi 16 novembre.

Cette affaire est un excellent révélateur :
– l’action du SNBI pour la défense des brasseurs artisans et indépendants a payé ! Nous avons obtenu gain de cause.
– le SNBI est intervenu à temps et le ministère de l’agriculture a reconnu la pertinence de notre demande.
Sans notre intervention, des bières produites avec du maïs russe auraient pu concourir, alors que des bières artisanales pur malt auraient été exclues de ce concours ! Bien que notre méthode ait été critiquée, il semble bien que les points que nous avons soulevé étaient de nature à porter préjudice à notre profession d’artisan, au CGA et au salon de l’agriculture à terme.

Nous tenions à vous adresser ce message pour vous montrer que nos actions ne sont pas sans conséquences. Nous continuerons à lutter de la manière que nous jugeons la plus efficace. Nous tenions aussi à vous expliquer les chiffres et termes utilisés dans le nouveau règlement car il ne suffit pas de crier victoire, il faut aussi connaître son sujet et savoir l’expliquer à ses adhérents.

Ce résultat est le nôtre !! Que l’on ne s’y trompe pas !
Il y aura d’autres épisodes de ce type dans l’avenir, aussi nous avons besoin d’être tous soudés.
Nous avons, par exemple, obtenu du commissaire du CGA la garantie de pouvoir retravailler ensemble sur les fameuses 18 catégories de bières aromatisées…
Le conseil d’administration du SNBI